Madame la Psychologue.

Je me permets de vous questionner au sujet de mon cousin. Il n’habite pas en Finlande, ainsi, il lui est quasiment impossible d’aller demander de l’aide dans un Centre des soins. Néanmoins, j’ai promis à sa famille de me renseigner afin de leur être utile. Mon cousin est célibataire, et depuis des années, déjà, il souffre des états durant desquels il se trouve sous l’emprise d’un mauvais esprit. À ces moments-là, le mauvais esprit s’empare de son corps et utilise sa bouche pour dire des choses en mal ou bien, il lui cause des douleurs dans différentes parties de son corps. Mon cousin en souffre énormément et il se trouve dans un état dépressif et sans espoir pendant longtemps, après. La famille a essayé de chercher de l’aide auprès des guérisseurs qui savent exorciser des mauvais esprits, mais pour l’instant, ils ont dû reconnaître que l’esprit mauvais qui s’est emparé de mon cousin est plus fort qu’eux. La situation de mon cousin me fait grande pitié, car, en effet depuis qu’il est petit, il a eu une vie bien plus difficile que nous autres. Déjà enfant, il a été gravement malade pendant de longues années, et puis, avant de commencer sa scolarité, il a perdu sa mère. Depuis, il a eu deux belles-mères. À nos jours, même dans mon pays natal, on considère les choses d’un point vue médical, même si les gens ordinaires continuent à croire, de façon traditionnelle à l’influence des mauvais esprits. Mon cousin est convaincu de l’existence du mauvais esprit et cherche de l’aide auprès du Dieu et dans la prière afin de pouvoir continuer à vivre. Puisque les moyens traditionnels n’ont apporté aucune aide, alors comment venir en aide à mon cousin ?

Signé : "Inquiet".

Monsieur "Inquiet".

Vous faites description d’une situation qui, de toute évidence, indique que votre cousin a de graves problèmes, et que l’exorcisme n’a été d’aucun secours. Si cela est bien le cas, alors il y a lieu de poser la question, plutôt, de la manière suivante : est-il possible que le problème ne soit dû au mauvais esprit, du tout, c’est-à-dire : ne doit-on pas procéder à une autre façon d’appréhender ce problème. Vous faites savoir que de nos jours, l’aide que peut apporter la médecine occidentale, en cas de problèmes que vous décrivez, est reconnue dans votre pays natal, même. En Finlande, avec une personne se trouvant dans la situation semblable à celle de votre cousin, à la consultation d’un médecin on établirait un bilan de fond sur les sentiments, les sensations, les impressions et pensées que peut avoir la personne en question ; quels sont ses états d’esprit, quand est-ce que ces symptômes, ces sentiments ou pensées ont fait leur apparition, et depuis quand ils perdurent ? On procéderait à un bilan de santé, et, on chercherait à savoir est-ce qu’il existe quelque chose qui déclenche ou provoque une telle situation, quel en est le facteur ? Si nécessaire, on effectuerait différentes analyses ou l’on procéderait à d’autres recherches médicales lesquelles permettraient d’acquérir une compréhension de la situation la plus précise possible. La plupart du temps, on adresse en consultation chez différents spécialistes de la médecine les personnes présentant une symptomatologie lourde ou compliquée.

Une des possibilités est de considérer la situation de votre cousin du point de vue médical, comme nous venons de le faire. Comprendre qu’il s’agit d’un cas de troubles psychiques. Les symptômes qu’il présente peuvent indiquer ce que l’on appelle syndromes ou troubles psychotiques. Ceci signifie que la façon de laquelle la personne aperçoit et se rend compte de la réalité est gravement déformée, voire faussée. Les symptômes peuvent attester que la personne en question porte en soi des croyances extraordinaires, elle a des fixations obsessionnelles, elle entend, aperçoit ou ressent des choses que d’autres personnes présentes en même temps n’entendent, ni n’aperçoivent, ni ne ressentent point. La personne peut, par exemple, entendre des voix qui lui indiquent des choses ou bien, elle est capable de sentir des odeurs que les autres ne sentent pas. Lors de certains désordres psychotiques, la personne ressent que les autres ou quelque chose lui veut du mal ou la persécute de façon systématique. Le spectre, l’éventail des désordres psychotiques est large, et le cours de la vie passé individuel ainsi que la personnalité de chacun sont déterminants, quant à la forme que prendront ses symptômes. Vous écrivez que depuis sa prime enfance, la vie de votre cousin a été difficile. Il est vraisemblable que cela compte pour beaucoup, quant à sa situation actuelle. Les épreuves très douloureuses et traumatisantes peuvent laisser des traces, qui provoquent de très fortes crises d’angoisse récurrentes, pendant desquelles la perception de la réalité est, momentanément, altérée. L’un des facteurs possibles à l’origine d’une crise, peut être un souvenir qui rappelle une épreuve douloureuse vécue.

Au cas où, dans votre pays natal il existe des médecins spécialisés en psychiatrie et qui y exercent, alors la solution idéale serait que votre cousin ainsi que sa famille pourraient discuter de son problème avec un spécialiste du genre. Le conseil dont vous pourriez faire part à votre famille est le suivant : Il faut porter à la connaissance du médecin les choses, ouvertement, sans rien cacher, et cela afin qu’un diagnostic le plus judicieux puisse être posé sur son cas. Il est important que la famille de votre cousin le soutient, et, qu’en aucun cas l’on ne le laisse seul avec ses problèmes. Ceci l’aidera, sur un possible chemin de guérison. Naturellement, il n’y a pas d’obstacle à ce qu’à coté du traitement médical prescrit par le médecin, les moyens traditionnels ne soient pas utilisés. Or, il est important qu’une situation de concurrence ne se manifeste, par exemple, une situation où le praticien traditionnel n’interdise la prise du traitement médical prescrit le médecin. Par ailleurs, vous écrivez que les soins des guérisseurs traditionnels, seuls, n’ont apporté aucune aide, alors dans ce cas, il serait plutôt sage d’aller chercher de l’aide d’un autre type.

Sirkku Suikkanen Psychologue

Siirry ylös