Chère Psychologue.

e suis à la recherche des conseils au sujet de ma fille. Elle vit sa vie d’adolescente, actuellement. À l’école elle a des bons résultats ainsi que dans ses activités de loisir sportives. À présent, maintenant que sa scolarité est devenue plus exigeante depuis l’an dernier, elle y réagit d’une manière tout à fait nouvelle. Elle se montre davantage nerveuse et abattue, à la fois. Moi, je la trouve beaucoup trop maigre et sa façon maladivement minutieuse des choix de la nourriture me surprend. Elle s’interdit diverses nourritures sous prétexte que celles-ci la font grossir, et, souvent, elle évite les repas d’une manière ou d’une autre. Avant, lorsqu’elle était petite ces problèmes ne se posaient pas. Les moments de repas lui étaient précieux, d’alors. On pouvait dire d’elle qu’elle était rondelette, même. Souvent, ses frères et son père la taquinaient à ce sujet. Elle continue à faire la cuisine, toujours, et souvent elle fait de la pâtisserie pour le reste de la famille. Néanmoins, depuis qu’elle a maigri, elle a tellement changé qu’une bonne partie de nos amis ne la reconnaissent pas dans la rue, pas toute de suite, en tout cas. Un jour, d’un coup j’ai pris conscience qu’elle a l’air de n’avoir plus que la peau sur les os. Est-ce qu’il faut s’inquiéter au sujet de cette situation et que faudrait-il faire ?

Signé : "Mère".

Chère "Mère".

Il est possible que dans la vie d’une jeune femme différents facteurs de stress dans la situation ressentie comme de la tension, parfois, déclenchent de telles réactions que celles décrites par vous. Une jeune femme ambitieuse et qui, par conséquent, exige beaucoup d’elle-même, veut paraître parfaite sous tous les rapports. Les canons de la beauté considèrent la sveltesse comme modèle à suivre. Telle que la situation se présente aujourd’hui, certainement, les taquineries au sujet de ses formes rondes de la part du père et des frères y sont pour bien de choses. Parfois, il arrive que d’être objet d’attitudes de ce genre à un âge tendre peut, par la suite, susciter une envie de perdre du poids afin se débarrasser de ces qualités "peu enviables". Le problème qui peut surgir, par la suite, est que maigrir devient une fin obsessionnelle en soi. Du fait que le changement de l’état de santé de votre fille peut nécessiter diverses analyses, il serait utile que vous preniez rendez-vous, ensemble, chez un médecin. Il peut s’agir de ce qu’on appelle "trouble d’anorexie", mais, derrière les symptômes que présente votre fille, il peut y avoir d’autres raisons, également.

Lorsqu’il s’agit de trouble d’anorexie, à proprement parler, la personne en question a déjà maigri tellement que son poids est de 15%, au moins, en dessous du poids médian rapporté à la taille ou bien, autrement dit : son indice de la masse corporelle (Body Mass Index ; BMI) est de 17,5, maximum. Cet indice peut être calculé, déjà, au sujet d’une personne de plus de 16 ans, en divisant le poids par le produit de la taille puissance deux, en mètres. La personne atteinte du trouble essaie de maigrir en évitant les nourritures qui "font grossir". De plus, la personne en question peut se faire vomir la nourriture qu’elle vient de manger, elle peut avoir recours aux laxatifs, aux produits diminuant l’appétit ou aux produits déshydratants et pratiquer des activités physiques de façon excessive. Souvent, la personne atteinte du trouble d’anorexie, se trouve trop grosse et a peur de grossir, attitudes qui conduisent à s’établir comme règle d’avoir un poids léger. Il s’agit d’une déformation de l’image que l’on a de soi-même, car la personne en question ne se voit plus de façon véridique et objective. Souvent, chez les filles, qui se font ainsi maigrir, les règles peuvent disparaître. La dépression ou l’abattement, comme vous le décrivez, font partie du tableau clinique du trouble d’anorexie. De façon générale, le problème le plus gros, est de faire admettre par la personne en question que la situation n’est plus du tout normale. En cela, il y a une similitude avec l’alcoolisme. Dans les cas les plus difficiles, généralement, obtenir la coopération de la personne en question afin qu’elle change d’attitude au sujet des manières liées à la prise de nourriture, pose problème. La normalisation de ces dernières ainsi que celle du poids, sont les priorités par-dessus tout. Je vous conseille d’en discuter avec votre fille afin d’obtenir d’elle son accord pour aller consulter un médecin, au moins une fois. Le médecin du Centre des soins de votre quartier fera le diagnostic au sujet des premières démarches à entreprendre. Votre présence, dans un premier temps, sera, peut-être, nécessaire afin que soient établis de façon véridique les problèmes liés à la prise de nourriture. En cas de besoin, votre fille sera adressée aux soins chez les spécialistes de la question. Elle-même a besoin d’être informée au sujet de sa situation de la façon la plus adéquate qui soit, et qu’on lui prodigue les conseils nécessaires afin qu’elle retrouve son équilibre physique, de nouveau. En tant que Mère, vous faites preuve d’une vigilance à toute épreuve. L’important est que la situation ne se prolonge pas davantage, et que le cercle vicieux d’amaigrissement soit brisé à temps.

Sirkku Suikkanen, Psychologue

Siirry ylös